lundi 29 août 2011

Parenthèse estivale

A défaut de revolver, j’ai retrouvé au fond d’un tiroir de la vieille maison familiale, ma panoplie de dessinateur amateur de mes 15 ans. Papier Canson, crayons, gomme, porte-plume, encre de chine, pinceaux et tubes de gouache, rien n’avait bougé depuis cette lointaine époque où je tapissais les murs de ma chambre de reproductions des œuvres de Barry Smith, John Buscema ou de Jack Kirby.
Las des interminables corrections de mon roman, j’ai donc décidé de savourer les plaisirs régressifs de la madeleine de Proust.

C’est clair, je ne ferai pas carrière dans le dessin, mais j’ai eu beaucoup de plaisir à réaliser ces devoirs de vacances.

Devoirs de vacances







jeudi 11 août 2011

Délit d'abandon

J'en entends ici et là quelques-uns (dont moi-même) me reprocher de ne plus alimenter mon blog. De l'abandonner, comme certains abandonnent leur chien lorsqu'ils partent en vacances en donnant comme excuse au gamin qui pleurniche à l'arrière de la voiture, "Ne t'en fais pas, on le récupérera au retour".
Je ne suis pas ce genre d'individus. Je n'abandonne pas les chiens : je les noie en prétextant qu'ils ont la rage !
Quant à mon blog... j'ai beau alléguer que personne ne lit de messages pendant les vacances, que je suis occupé à autre chose, que j'ai le spleen à cause de cet été exécrable, rien n'y fait.
"Il faut que tu écrives quelque chose !" me tance-t-on. "Que tu parles de ton activité littéraire !"
Activité ? Actualité ?
Au niveau actualité vous en savez autant que moi : la dernière production des studios CROUZET est sortie en juillet au Canada. Je n'ai pas encore eu la revue entre les mains, mais le net s'est fait l'écho du dernier numéro de Solaris :
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http://www.revue-imaginaire.com/2011/07/solaris-n179.html
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http://climaginaire.com/index.php/climaginaire/Revue-fanzine/Revue/Solaris-Numero-179
J'ai aussi signé un contrat pour la publication d'une nouvelle dans l'anthologie "Contes du monde" à paraître cette année chez l'excellente maison "Les éditions du Riez". (http://www.editionsduriez.fr/12.html) Ca fait toujours plaisir. J'aime signer ce genre de contrat. J'en signerai même tous les jours si je pouvais.
"Parle de ton roman !" me souffle-t-on.
"Mon roman ? Quel roman ?" je bafouille.
" Ben, celui que tu es en train d'écrire !"
"Ah celui-là ! Ca n'en vaut pas la peine"
(Vous aurez noté le ton volontairement détaché de l'auteur qui, pourtant, ne pense qu'à ça depuis plusieurs mois.)
"Ne nous dis pas que tu as laissé tomber tes corrections !"
J'hésite, bredouille.
"Non, mais ça n'avance pas vite."
"Et ?"
"Et... et je ne croyais pas que ça me prendrait autant de temps. Je progresse lentement. En fait, je ... je vous dois la vérité : c'est affreusement mauvais ! 'Faut tout que je reprenne !"
"Tu le dis à chaque fois !"
"Oui, mais là c'est vrai ! Personne ne voudra publier ça !"
Et de me mettre à pleurnicher comme l'enfant cité plus haut.
"Ouille !"
J'avais espéré un peu de réconfort et des paroles amicales, je ne récolte qu'une bonne taloche. J'ai donc tôt fait de sécher mes larmes de crocodile.
Alors oui je travaille toujours sur mon roman. C'est long. C'est dur. Souvent démoralisant. C'est bourré de fautes et d'incohérences. C'est mal écrit. (ce n'est heureusement pas l'avis de mes premiers lecteurs)
Je suis comme un réalisateur devant des kilomètres de pellicule : je coupe, je monte, j'envisage des scènes additionnelles, je m'énerve, je m'enthousiasme, je pleure, je doute, j'espère.
J'ai vraiment envie de faire autre chose. D'écrire des nouvelles, un roman fantastique, de me remettre au dessin, de m'acheter un revolver...
Mais je reste devant mon ouvrage. C'est lui ou moi. Je ne vais pas reculer devant des mots, devant de simples signes fussent-ils 530 000 ! Non, pas moi.
On verra bien qui l'emportera dans ce combat schizophrénique, de l'Homme ou du Verbe !