samedi 26 octobre 2013


Fête du livre de Saint-Etienne 2013 : un succès malgré l'absence
des "Fantômes du Panassa" épuisé chez l'éditeur

« Les fantômes du Panassa » épuisé !

« Les fantômes du Panassa » est donc épuisé. Un rapide tour sur divers sites de vente en ligne m’a confirmé qu’il était effectivement indisponible chez l’éditeur.
Est-ce ainsi que les livres meurent ? (et mes droits d’auteurs aussi !)
J’ai contacté mon ancien éditeur des « Nouveaux Auteurs » qui m’a expliqué que les ventes de l’ouvrage, trois ans après sa sortie, étaient désormais trop faibles pour justifier un nouveau tirage.
On ne trouvera donc bientôt plus « Les fantômes » que d’occasion, chez les bouquinistes, sur Ebay, Priceminister, Le Bon Coin et dans les vides-greniers…
Pour ceux qui le possèdent déjà, gardez-le précieusement. Sait-on jamais dans 15 ans (20 maxi !), il vaudra peut-être une fortune.
Pour ceux qui n’aiment guère chiner ou respirer le vieux papier, il reste la version électronique des « Fantômes… » qui même si elle est un peu (très) chère, prolonge la durée de vie du livre.
Il reste encore quelques exemplaires disponibles sur Amazon (2 ex) et sur Fnac.com (1 ex).

Dépêchez-vous de l'acheter, bientôt il n’y en aura plus !

jeudi 24 octobre 2013

Carnet de retour au pays natal (samedi)

Le lendemain, c’est du pas lourd du condamné et plus de celui du conquérant, que je revins au salon. Vertige. Mon nom ne figurait même plus – blanc sur rose – au fronton du stand de la Librairie de Paris.
« Ta déroute est complète » songeai-je, abasourdi.
La mine défaite, je tournai les talons pour aller me pendre, lorsqu’une main douce mais ferme m’agrippa le bras « C’est par ici, Monsieur Crouzet ! » Un sourire amical accompagnait ses mots et au-dessus de celui-ci un nez mignon et de magnifiques yeux bleus. « On vous a changé de place. » Un peu ragaillardi, je remis à plus tard mon projet de pendaison et suivis la délicieuse hôtesse jusqu’à ma nouvelle chaise et, surtout, une table où figurait une superbe pile de mon petit dernier « Triades sur Seine », grâce auquel j’avais de haute lutte gagné le droit de participer à cette édition 2013 de la Fête du Livre de Saint Etienne. J’adressai un merci au ciel et surtout à Isabelle qui s’était levée aux aurores (A l’heure, etc) pour exhumer des entrailles de la Librairie de Paris, les volumes préventivement cachés. Certes, je ne disposais pas des « Fantômes du Panassa », ce fer de lance de mes ventes stéphanoises, cet attaquant de pointe capable de percer les défenses des lecteurs foréziens, mais j’allais au moins pouvoir défendre l’honneur de son petit frère.
Je m’assis et, sans tarder, commençai à haranguer la foule de plus en plus nombreuse. J’eus tôt fait de comprendre qu’on ne vend pas (Oh, le vilain mot !) un roman à suspense auréolé d’un prix national dont l’action se déroule dans la ville même où se situe le salon, de la même façon que les confessions d’un repris de justice parisien, surtout lorsqu’on est inconnu ou presque. (Plus loin, Michel Drucker et ses gardes du corps, Bernard Pivot, Nelson Montfort ou Jean-Pierre Pernaut ne semblaient pas avoir les mêmes problèmes. La file d'attente devant eux était interminable. Sans doute leurs ouvrages ne parlaient-ils pas de tueurs psychopathes !) Dieu merci, ma faconde naturelle, mon bagou de bonimenteur de foire, mon humour bon enfant, s’ils indisposèrent mes voisins de gauche, attirèrent à moi une petite foule de curieux qui ne demandait qu’à se laisser convaincre.
Ce que j’aime avec le Salon du Livre de Saint Etienne, c’est que les visiteurs ne viennent pas seulement se promener pour tuer un après-midi comme sur certains salons. Ils viennent aussi ACHETER (même si plusieurs m’ont indiqué que, crise oblige, ils avaient dû restreindre leur budget) et PARLER avec les auteurs. Echanger leurs coups de cœur littéraires, s’enquérir du processus de création d’un livre, commenter vos précédents opus… Bref, on ne s’y ennuie pas une seconde !
Et c’est bien là l’intérêt principal des salons : rencontrer les lecteurs, recueillir leurs retours. (Même si le nombre de ventes est important, ne nous voilons pas la face. Mais il s’agit des deux faces d’une même médaille car pour qu’il y ait des commentaires, il doit y avoir des ventes au préalable). C’est l’un des rares moments où l’auteur est en contact avec son public. Occasion d’échanger et de recevoir un avis en toute impartialité (celui de ma mère est important, mais est parfois un peu subjectif). Quand ces avis sont positifs, que votre interlocuteur a pris un réel plaisir de lecture, quel bonheur !
Je suis conscient qu’il s’agit-là d’une satisfaction nombriliste et un peu futile, mais un individu qui a le toupet de soumettre sa prose (sa peinture, sa chanson…) à l’avis d’inconnus n’est-il pas nécessairement un brin narcissique ?

PS : Encore un grand merci à l’équipe de la Librairie de Paris et surtout à Isabelle, qui ont fait que ce retour au pays natal a été pour moi un plaisir !

lundi 21 octobre 2013

Carnet de retour au pays natal (vendredi)

Les retours au pays ne sont pas toujours triomphaux. On s’imagine arpenter la voie royale – plus prosaïquement la Grande Rue dans le cas de Saint-Etienne – pavée de pétales de roses, sous les ovations d’une plèbe enthousiaste, la tête ceinte d’une couronne de laurier, or on titube sous le poids de son sac à dos, dans l’indifférence générale, sous un ciel d’octobre, la nuque raide et le front moite.
Après un voyage en compagnie de l’ineffable Nelson « Jésus » Monfort, je retrouvai les rues de mon enfance, celles-là mêmes foulées par Christophe Chalier, mon héros des « Fantômes du Panassa ». J’arrivai sous le grand chapiteau de la Place de l’hôtel de ville et me dirigeai aussitôt vers le stand de la Librairie de Paris (LdP) qui une nouvelle fois m’accueillait. Là, j’eus la désagréable surprise de découvrir qu’aucune foule impatiente ne m’attendait en scandant mon nom et en chantant des cantiques et des louanges à ma gloire.
Sur la table, juste en dessous de mon nom écrit en blanc sur rose, étaient posés quelques livres qui provoquèrent une brusque accélération de mon rythme cardiaque. En effet, il n’y avait là qu’une poignée de « Mortelles attractions », mortellement esseulés. Où donc étaient mes deux autres opus, ces chefs d’œuvre intemporels, ce socle inébranlable sur lequel j’entends bien bâtir toute mon œuvre future ? Je m’en enquerrai poliment mais fermement à Isabelle, l’efficace, toujours disponible, charmante et sympathique représentante de la Librairie de Paris (Je vous assure qu’Isabelle regroupe toutes ces qualités et bien d’autres, ce qui est excessivement rare chez une fe… un être humain) Avec un petit sourire navré, elle m’apprit, d’une part, que « Les Fantômes du Panassa » étaient épuisés et, d’autre part, qu’elle n’avait pas reçu sa commande d’une quinzaine d’exemplaires de « Triades sur Seine ». Après quelques borborygmes de circonstance, je me tournai hagard vers la maigre pile de « Mortelles attractions » dont mon cher public allait devoir se contenter. Quelle affreuse situation ! Quelle tragédie !
Dieu merci, Isabelle est une femme prévoyante (Encore une qualité ! Elle est incroyable, non ?) : elle avait gardé une douzaine d’exemplaires de « Triades sur Seine » de mon précédent passage à la LdP. Le problème, murmura-t-elle, c’est qu’elle ne savait pas où elle les avait rangés. Elle me promit cependant de se lever à l’aube à l’heure ou blanchit la campagne, le lendemain, pour les retrouver.
Plus inquiet que rassuré, l’oreille basse et le moral davantage encore, j’appelai un ami et noyai avec lui ma déception dans l’alcool et la pizza aux anchois. Quelques heures plus tard, ivre de Chianti, je sombrai dans un sommeil agité, peuplé de fans en colère qui, privés de leur ration de nouveauté, menaçaient de me lyncher ou d’écrire sur mon corps un énième « Livre de sang ». J’en émergeai en hurlant le samedi matin, le visage marqué par mon oreiller et non pas par une plume vengeresse, avec la certitude que la journée qui débutait ne pouvait être qu’abominable !
(A suivre)

samedi 12 octobre 2013

Carnet de retour au pays natal (version 2013)

Cette année, après deux ans d’absence, je participerai à nouveau à la fête du livre de Saint-Etienne. Une manifestation qui m’a apporté de magnifiques souvenirs lors de la sortie de mon premier roman « Les fantômes du Panassa ».
Etre assis aux côtés d’écrivains reconnus tels que Tahar Ben Jelloun ou Franck Thilliez, était magique et inespéré pour le débutant que j’étais. Je me sentais dans la peau d’un imposteur. Timide et emprunté (je le suis toujours) et je n’osais pas me mêler aux autres auteurs.
Le public était charmant (AOC stéphanoise garantie !) et très bien disposé à l’égard d’un livre dont l’action principale se déroule à Sainté. Quelle ambiance le samedi ! Les gens jouaient des coudes dans les travées pour arriver jusqu’à nous. On aurait pu croire qu’on distribuait gratuitement nos livres au lieu de les vendre !
L’année suivante, j’y présentais mon deuxième ouvrage « Mortelles attractions ». La manifestation fut ternie par une grève des trains (expression curieuse, s’agissant de la grève de leurs conducteurs !). De nombreux auteurs n’arrivèrent jamais en ville et ceux qui y parvinrent n’avaient qu’une idée en tête : en repartir ! Les cordons de la bourse municipale avaient aussi été resserrés. J’entendais les vétérans évoquer le bon vieux temps où la Fête du Livre de Saint-Etienne était le 3ème événement de ce type après Paris et Brive.
J’y reviens en 2013 avec "Triades sur Seine", mon petit dernier sorti en mars dernier aux Editions Ex-Aequo. La Libraire de Paris, qui m’a toujours soutenu, m’accueille une nouvelle fois à son stand. Que ferais-je sans eux ?
La sélection des auteurs a cette année été encore très sévère et c’est en faisant jouer la carte de l’auteur local que j’ai pu obtenir mon ticket d’entrée. Tout à coup je me sens dans la peau de Christophe Chalier mon héros des « Fantômes… », le fils du pays qui revient dans sa ville natale. Mais chez moi pas de regret ! Je suis ravi d’y revenir même par la petite porte, même pour un jour au lieu de trois (alors ne me manquez pas : ce sera le samedi 19 octobre 2013) pour défendre mes titres et retrouver mon public (Nota : mon coach en communication s’occupe aussi de joueurs de football !)
Cette fois encore j’espère que le public viendra nombreux et que je ferai de belles rencontres.
Bien évidemment, je ne manquerai pas de vous faire un petit debriefing à mon retour !

(Photo : Université de Saint-Etienne)