samedi 8 février 2014

Un nouveau costume pour Cthulhu

« La compassion de Cthulhu », sous ce titre énigmatique se cache un pastiche (bien frais) de Lovecraft et plus précisément de l’adepte Derleth. Le hasard fait parfois bien les choses : j’étais en pleine relecture de « Sur la trace de Cthulhu » de ce dernier, lorsque est apparu l’appel à texte des éditions L’ivre-Book. L’hommage au maître de Providence est sans doute le plus vieux serpent de mer de l’édition fantastique.
Je me demande d’ailleurs toujours comment le mythe peut encore se poursuivre presque 80 ans après le mort de son créateur ? Quelles résonances ont encore ces horreurs innommables et abyssales dont parlait HPL dans une société gavée de technologie ? Les lecteurs sont-ils grés à Lovecraft de dépeindre un univers totalement déconnecté du notre ? Est-ce dû à une iconographie fournie et inventive portée par les jeux de rôle ? Ou alors le petit peuple du fantastique et de la Dark Fantasy est-il tout simplement reconnaissant à HPL d’avoir été un des premiers auteurs de (mauvais) genre à se hisser entre les pages des dictionnaires, conférant ainsi au fantastique moderne une certaine forme d’honorabilité. L’essai de Houellebecq « H. P. Lovecraft. Contre le monde, contre la vie » constituant quant à lui une sorte d’intronisation au panthéon des auteurs reconnus.
Toujours est-il que l’œuvre continue de faire des émules (des plagiaires ?) et d’avoir ses admirateurs.
De mon côté, je dois avouer que je ne suis pas un grand fan. Si j’apprécie l’univers créé par Lovecraft, je m’ennuie à la lecture des aventures (subies le plus souvent) à la lisière du cauchemar, par ses personnages impuissants en proie à la stupeur et aux tremblements. Bref, je préfère l’énergie combattive des héros de Robert à la léthargie de ceux de Howard.
Ceci étant, HPL, Cthulhu et consorts sont quand même inscrits dans mon ADN culturel et lorsque j’ai eu connaissance de l’AT, je me suis mis en quête d’un texte pour y participer. Je savais en effet que je n’aurais pas le temps d’en rédiger un nouveau pour l’occasion. Par contre, je me souvenais d’une nouvelle écrite en Martinique. Il n’y était pas question de Cthulhu mais de Vaudou, mais l’atmosphère était proche des récits du mythe.
J’ai donc repris mon texte, changé des noms, rajouté quelques passages, coupé ici et là, modifié légèrement la chute, pour en faire un nouvel épisode des aventures de Cthulhu sur Terre. Bref, j’ai taillé un nouveau costume à l’indicible. Cette nouvelle version est à mon avis meilleure que la précédente. Sans doute parce que l’ombre du Grand Ancien plane dessus !

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