dimanche 27 septembre 2015

Promouvoir son livre étape par étape (l’intégrale !)

Promouvoir son livre : un défi impossible ?

Cet article compile une série d'articles parue sur ce blog depuis octobre 2014. Il pourrait constituer la suite de celui paru le 18 septembre 2009 dans mon précédent blog « Ecrits et Chuchotis », intitulé " Promouvoir son livre, un chemin de croix ? "
Avec le regard neuf de celui qui s’aventure pour la première fois dans la jungle de l’édition, j’essayais alors d’examiner les différentes possibilités qui s’offrent à un jeune auteur pour mieux se faire connaître et devenir un pilier de librairie. Six ans plus tard (déjà six ans !) le constat est malheureusement toujours aussi amer !
Voici donc, testés pour vous par votre serviteur, quelques outils de promotion qui ne servent à rien (ou presque). Cela vous évitera ainsi d’inutiles efforts !

I - La presse écrite : le miroir aux alouettes.

Sauf à obtenir un article dans un grand quotidien, genre le Monde, le Figaro ou Libé (le Canard aussi, est influent), les effets sur les ventes sont inexistants. Quant aux autres magazines, genre Le Magazine Littéraire ou Lire, n’y pensez même pas. Attendez d’être mort comme Tolkien et d’avoir votre œuvre adaptée au cinéma pour y faire votre apparition.
Inutile d'envoyer votre bouquin, les journalistes choisissent rarement les livres qu’ils ont à chroniquer. « Tiens, tu me liras le nouveau Machin, pour le prochain numéro », leur lance le rédacteur en chef. Généralement, ce sont les derniers bouquins d’auteurs reconnus, publiés par des maisons d’édition ayant elles-mêmes pignon sur rue.
Il ne reste donc aux « petits » écrivains que les journaux régionaux ou la gazette de la ville.  Vous aurez ainsi le plaisir de découvrir votre « papier » entre le tournoi de pétanques de l’amicale des joyeux boulistes de Terre-Noire et la sortie champêtre des personnes âgés du foyer « Notre Dame de Lourdes ». Pas un exemplaire de votre chef-d’œuvre ne sera vendu grâce à cet article – que vous aurez d’ailleurs le plus souvent rédigé de A à Z - mais qui fera, toutefois, le bonheur de votre famille proche et du bien à votre ego, ne nous voilons pas la face !
« Mais et les revues spécialisées ? » me direz-vous. « Innocents ! » vous rétorquerai-je. Ces revues sont si peu nombreuses en France qu’elles se comptent sur les doigts d'une main d’un employé de scierie imprudent. Elles commentent exclusivement les grosses sorties et, lorsque ce n’est pas le cas, celles des copains et des auteurs maison (les revues sont généralement affiliées à une maison d'édition.) pour doper leurs ventes. Quand elles daignent vous accorder un entrefilet, c’est souvent pour vous descendre (justement parce que vous n’êtes pas un copain !) et ainsi donner aux lecteurs une fausse impression d’impartialité.

II - Les sites Internet de l’Imaginaire : beaucoup de bonne volonté, mais…

Ils sont tout aussi inutiles que la presse écrite en termes de ventes. Au moins peut-on leur accorder le bénéfice de l’intégrité, d’une évidente bonne volonté, de l’enthousiasme et un faible tropisme pour le copinage ! Malheureusement, la plupart de ces sites à faible longévité reçoit autant de visites qu’un grabataire dans sa maison de retraite. Comme toi, cher auteur, ils sont en quête de visibilité ! Certains sites sont toutefois mieux fréquentés, car ils disposent d’un contenu varié (livres, cinéma, jeux vidéos…) et râtellent donc un public plus large. Leur compteur affiche des chiffres de visites impressionnants. L’article qui vous est consacré a souvent été vu un nombre considérable de fois (genre 5625 dont 4872 par vous et votre maman). En général, un tel déferlement d’enthousiasme se concrétise, si vous êtes chanceux, par… une vente !

III -  Facebook : Le mirage suprême.

Si on considère le nombre d’auteurs qui s’y montrent et font la roue, c’est assurément l’endroit où il faut être. Grave erreur. Et oui, tous vos amis sont eux-mêmes des auteurs en mal de reconnaissance et comme vous ils ne pensent qu’à une chose : vendre leur came. Ça ne les dérange donc pas de vous liker dans tous les sens, si vous avez le bon goût d'en faire de même pour eux. Le « J’aime » est gratuit (contrairement à votre livre). Il ne constitue en aucun cas un engagement d’achat mais, dans l’esprit de votre ami FB il est, vous concernant, une invitation à acheter son ouvrage. Vous pouvez donc obtenir des centaines de « J’aime » enthousiastes et constater fort marri que leur influence sur vos ventes est nulle. Ce qu'il faut savoir : un auteur débutant achète rarement les livres de ses concurrents (pardon, de ses confrères), non pas par jalousie (quoique), mais parce qu’il est persuadé qu'ils n’ont pu être édités que grâce à un copinage éhonté !

IV - « Taper » ses amis (les vrais pas ceux de FB) et ses collègues de bureau

C’est important d’avoir des amis. Beaucoup d’amis. Mais sauf à être à la tête d’un parti politique ou gourou d’une secte (ce qui revient plus ou moins au même) votre livre ne deviendra jamais un best seller grâce à eux. De plus, vos potes risquent d’en avoir rapidement assez que vous leur fourguiez à intervalle plus ou moins régulier, vos bouquins dont les couvertures sont d'un goût si douteux qu’on n’ose pas les mettre dans la bibliothèque du salon et qu’on préfère les dissimuler tout en bas d'une étagère entre le dictionnaire de latin de 5ème et les revues techniques pour booster son ordi, sa sexualité ou sa Fiat Panda. Un indice qui doit vous alerter : ils ne vous lisent plus depuis longtemps et quand vous leur présentez votre petit dernier, ils vous répondent sans gêne aucune : « Faudra quand même que je lise celui d’avant ! » (sorti deux ans plus tôt !)
Il apparaît dès lors inutile de continuer à les solliciter même à prix d’amis (traduction : prix auquel l’éditeur vous les a refilés majoré d’un euro ou deux pour frais administratifs). C’est mort, je vous dis. Vos livres, ils ne les lisent pas ! Quand c’était du polar à la rigueur, ils voulaient bien faire un effort, mais des histoires de vampires, de fantômes et de zombies, vous n’y songez pas ! « Il ne manquerait plus qu’il se mette à écrire des trucs érotiques, à présent ! » redoutent-ils.
Si vous insistez trop, genre bonimenteur d’assurance vie, ils finiront par vous fuir et répandront la nouvelle que vous feriez mieux de vous occuper de votre gosse qui fume du shit à douze ans et de votre femme qui… Enfin, vous m’avez compris ! Soyez digne, ne leur parlez plus de votre passion mais des leurs, les vrais : le foot, la énième saison de « L’amour est dans le pré » et la 4ème dent du petit dernier !

Quid des collègues, alors ? Ils sont à  ranger dans la même catégorie que les amis de la vraie vie, sauf qu’eux ils n’hésiteront pas un instant à vous dire d’aller vous faire voir ailleurs. Cela a, au moins, le mérite d’être franc.
Ce sont aussi des individus à solliciter avec beaucoup de précautions car dans certaines entreprises / administrations, il est mal vu de ne pas vivre exclusivement pour la « boîte » et d’entretenir une passion adultérine avec une muse aux courbes totalement étrangères à celles de la rentabilité. On pourrait même penser que vous écrivez pendant vos heures de travail ! Et je ne parle pas de la jalousie que ne manquent pas de susciter vos droits d’auteur que tous s’accordent à penser phénoménaux ! (les pauvres s'ils savaient, ils oscilleraient entre le rire, les larmes et l'incompréhension !)
Certains corps de métiers (policiers, enseignants, personnels soignants) à l’esprit corporatiste si fort qu’il fait ressembler une citadelle Vauban à un village du Club Med, font toutefois figure d’exceptions. Attention cependant au revers de la médaille : c’est souvent pour mieux vous démolir dans votre dos !

V -  Les salons : une fausse bonne idée.

Surtout si vous vous y rendez avec vos propres livres achetés à 75 % du prix de vente public HT à votre éditeur grigou. Faire les salons et pire encore les foires, nécessite une volonté d’acier, un courage à tout épreuve, une énergie démesurée, un véhicule et des petits bras musclés (et accessoirement un besoin abyssal de reconnaissance).
D’abord, il faut dénicher un obscur salon dans un lointain patelin de 350 habitants ; puis solliciter une inscription à un Thénardier local qui croit que Lovecraft est une marque de saucisson et Hypérion une nouvelle gamme de gelée royale. Ensuite, il vous faudra payer un emplacement étique à côté de la poétesse du cru ou de l’écrivain du terroir, non loin du stand « gastronomie de nos régions ». Puis, prendre votre voiture aux aurores, la charger de vos livres, s’énerver contre son GPS, se faire flasher par un radar, etc. Et tout ça pour vendre trois pauvres bouquins et avoir le plaisir à l’heure du déjeuner de boire une affreuse piquette accompagnée de chou farci en devisant avec les autres exposants sur le thème éternel de la crise qui empêche les gens d'acheter.
Vous conviendrez avec moi, qu’à ce stade, on est là davantage entre commerçants qu’entre écrivains.

VI - Les dédicaces en librairies ? Ça eu payé, mon bon monsieur !

Vous vivez à Paris ? Alors, bonne chance ! Les libraires croulent sous les demandes multiples et votre nom d’auteur inconnu, ainsi que votre éditeur dont personne n’a jamais entendu parler dépourvu qu’il est de vrai distributeur, les amènera à vous éconduire plus ou moins gentiment. Les libraires, comme les éditeurs, sont des commerçants ne l’oubliez pas. Ils vendent des livres et ils veulent en vendre beaucoup. Le livre est une denrée, un produit comme un autre. Ils vendraient des patates douces si on leur les livrait à domicile et qu’on leur reprenait les invendus sans frais.
Si vous habitez en province la situation est un peu différente. Le libraire peut flairer la bonne affaire qui va dynamiser son échoppe, lui permettre d’attirer le chaland et d’accroître son chiffre d’affaires. Si, en plus, vous évoquez dans votre ouvrage les joyeux métiers d’autrefois et que l’action se situe dans la région ou mieux dans la ville de la dédicace : c’est le jackpot ! Il vous accueillera les bras ouverts ! Le problème, c’est qu’il n’y a souvent qu’une seule librairie dans le bled ! Ce qui restreint forcément les possibilités de dédicaces !

VII - Les blogs littéraires d’auteurs : do it yourself !

C’est une louable intention de vouloir tenir informé votre lectorat de vos nouveautés, de vos coups de cœur et, éventuellement, de vos états d’âme. Une centaine de visiteurs par jour (ce qui est déjà très bien) ne suffira cependant pas à faire décoller vos ventes.
Il existe deux catégories de visiteurs : ceux qui vous suivent depuis longtemps (en général : vos proches, votre famille, vos collègues, vos confrères…) et les autres.
Nous avons vu lors des épisodes précédents qu’il ne faut guère compter sur les représentants de la première catégorie pour vous permettre de rejoindre le cercle fermé des écrivains reconnus et fortunés. Votre marge de progression se situe donc dans la seconde catégorie. Et là… vous risquez fort d’être surpris. Désagréablement.
En effet, si vous regardez d’un peu plus près les mots clés de recherche qui ont drainé vos visiteurs sur votre site, vous découvrirez alors des choses aussi étranges et incongrues que « Recette du foie de veau à l’ail », « Réussir son divorce » ou « Sortir le soir à Châteauroux », qui vous plongeront à coup sûr dans des abîmes de perplexité.
Ce n’est certainement pas à ces égarés du Web que vous parviendrez à vendre vos publications.
Alors comment faire pour attirer le promeneur anonyme et l’inviter à aimer, commenter, partager votre contenu ? Faire le buzz en jouant la carte de la provocation gratuite et en rédigeant des articles polémiques et virulents ? Vous y récolterez surtout des inimitiés et ça ne vous fera pas vendre un livre de plus ! Louanger les bouquins de vos amis en espérant qu’ils feront de même avec les vôtres ? S'ils bénéficient de la même notoriété que vous, je crains que ce ne soit guère probant. Ecrire des articles malins et vaguement racoleurs, (comme celui-ci) en ciblant les innombrables cohortes d'apprentis écrivains ? Peut-être... Si ça ne fait pas vendre vos titres, peut-être aurez-vous au moins la chance d’amuser le passant !

VIII - A la poursuite du bouche à oreille miraculeux !

Découvrir un avis de lecteur concernant votre livre sur Babelio (et autres sites de moindre renommée) est toujours sympa pour l’Ego surdimensionné de l'auteur, mais ici encore l’impact sur les ventes est un peu comme la pluie dans le désert : tout au plus rafraîchissante.
Le problème, comme toujours, c'est la visibilité ! Les lecteurs en quête d’un nouveau bouquin à se mettre sous la dent, vont sur ces sites pour collecter des avis sur des livres ou des auteurs dont ils ont déjà entendu parler. Mais qui ira chercher le livre inconnu d’un auteur inconnu paru chez un éditeur inconnu ? Personne ! Et quand, par hasard, un visiteur tombe sur l'avis positif d'un de vos lecteurs, il y a de grandes chances pour qu'il pense qu’il a été écrit par un(e) ami(e), par la famille de l'auteur ou par l’auteur lui-même (Hé oui, c’est parfois - souvent - le cas !). Résultat : le billet est totalement décrédibilisé.
Pourtant, les internautes qui postent ces avis sont souvent de bonne foi. Leurs commentaires reflètent une véritable passion pour la lecture et l’envie de partager enthousiasmes, déceptions et découvertes… On peut ainsi se fier aux chroniqueurs réguliers (voir le nombre de leurs contributions) même s'ils ont tendance à donner (pour être lus eux-mêmes) des avis sur des livres qui n’ont nul besoin d’une nouvelle critique élogieuse (ou pas) pour se vendre.
On y rencontre aussi deux types de commentaires qui, s’ils ne feront guère de mal à vos ventes, risquent cependant de vous conduire au bord de la dépression. D'abord, le malfaisant qui n’a jamais rédigé un seul commentaire de sa vie et qui s’inscrit sur le site juste pour démolir votre bouquin, pour une raison qui n'appartient qu'à lui. Ensuite le lecteur ravi qui se fend d’un commentaire élogieux mais malheureusement maladroit et truffé de fautes d’orthographes qui, plus que toutes les critiques fielleuses, éloignera à jamais le potentiel lecteur !
Comme il est, malgré tout, important d'être référencé sur ces sites, je recommande néanmoins aux auteurs en herbe de s'y inscrire et de créer les "profils" de l'auteur et du livre. Vous pouvez ensuite en faire le résumé (en général la 4ème de couv) et éventuellement mettre en exergue quelques passages choisis. Ça ne mange pas de pain et ça facilitera le dépôt d'éventuels commentaires de lecteurs plein de bonnes intentions.

Tout cela est bien désespérant, me direz-vous. Comment réussir alors à se faire connaître ? N'y a-t-il donc aucune solution ? Aucune issue ? Que nenni. Soyez confiants, amis lecteurs, voici le secret de la réussite.

Promouvoir son livre : LA solution

Alors me direz-vous tout en cherchant frénétiquement une corde pour vous pendre, que reste-t-il comme solution ? Eh bien, je n’en vois qu’une seule, effroyablement simple dans son énoncé et terriblement complexe dans sa réalisation : trouver le bon (le vrai) éditeur !
Un vrai éditeur, pour ceux qui l’ignoreraient, c’est celui qui dispose d’un vrai distributeur-diffuseur et de bons commerciaux pour convaincre les commerçants (pardon les libraires) de prendre votre livre et de le mettre en rayon. Un vrai éditeur, c’est quelqu’un qui vous inscrit à de vrais salons du livre, sans que vous préoccupiez d'y acheminer vos bouquins, de payer de votre poche le train et l'hôtel. Le genre de salons où les visiteurs viennent pour acheter des livres et pas pour tuer un après-midi chassieux, comme on va au zoo. Un éditeur, c'est aussi quelqu'un qui vous fait participer à des émissions radios, à des débats, à des rencontres... Un homme (ou une femme !) qui connaît suffisamment le milieu littéraire pour obtenir que des supports (magazines/journaux/chroniqueurs de tout crin/ et pourquoi pas TV, soyons fous !) se penchent sur votre livre (comme de bonnes fées) et se fendent d’une bonne critique (parce qu’on est entre amis, hein…)*
Oui, mes chers lecteurs, cet éditeur-là, pour un écrivain, c’est le rêve absolu, le Graal dans toute sa splendeur. Comme le Yéti, Bigfoot ou le dahu il existe, mais bien peu l'ont rencontré. C'est qu'il ne s'attrape pas avec du vinaigre l'animal ! Il faut le chercher et le séduire. Comment ? Par vos écrits, pardi ! Tout autre moyen relève de la courtisanerie la plus nauséabonde et je suis poli ! Car l’éditeur, s’il est souvent frileux, n’en est pas pour autant stupide. Il sait reconnaître un bon bouquin quand il en lit un. Et si le livre est imparfait, il sait reconnaître le potentiel d’un auteur. Normal, c’est un homme d’affaires. S'il ne l'est pas, il ne reste pas longtemps éditeur.
Oui, je vous le dis, j’y ai bien réfléchi : il n’y pas de salut en dehors d'un vrai éditeur.
Bon, en attendant de trouver cette perle rare (et accessoirement d'écrire un vrai livre !), je vous invite quand même à partager le présent article ! Cela ne me fera pas vendre un exemplaire de plus, mais, au moins, vous m'aurez fait plaisir !

* Ce qui ne vous dispense pas pour autant de toute initiative personnelle. Les contacts engendrent les contacts, ne l'oubliez pas !



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