mercredi 10 avril 2013

« Triades sur Seine » en rupture de stock chez Amazon !

Je crois rêver : « Triades sur Seine » en rupture de stock chez Amazon !
« Victime de son succès ! » je songe immédiatement.
Je me pince ! C’est impossible, trop beau pour être vrai. Je me jette sur la liste des meilleures ventes de l’Express. Je n’y suis pas. Doit y’avoir une erreur. Je regarde celle du Point, celle de la Fnac. Rien ! Désillusion. Désespérance.
Que s’est-il passé ?
La réalité est beaucoup plus prosaïque. Elle me terrasse et me jette à terre lorsque je reçois ce message de mon éditrice.

Bonjour,

Malgré de nombreuses relances mes dernières factures de vente chez Amazon qui étaient arrivées à échéance ne m’ont pas été payées (celles de décembre 2012), alors qu’Amazon encaisse l’argent des clients à la commande et nous paye à 60 jours fin de mois.
Le géant de la vente en ligne impose des conditions commerciales excessivement lourdes, mais si en plus nous ne sommes pas payés cela devient une hérésie de travailler encore avec eux.
Il faut savoir qu’Amazon nous impose une remise de 50% sur le prix de vente public hors taxes et que nous devons les livrer à nos frais.
En échange de ces conditions léonines, Amazon prétend jouer un rôle de distribution en assurant une mise en stock permanente des titres proposés, ainsi qu’une mise en avant commerciale sur son site internet.
Il n’en est rien : malgré mes nombreuses demandes de mise en stock Amazon n’a jamais approvisionné ne serait-ce qu’une dizaine d’exemplaires pour les nouveautés, annonçant dans le même temps aux internautes des délais de livraison de plusieurs semaines, créant ainsi un doute sur notre capacité à fournir nos ouvrages dans les délais courts que demande le commerce en ligne. Ce qu’il faut savoir c’est que les livres que nous mettons en stock chez Amazon ne nous sont pas payés, seuls les exemplaires vendus peuvent faire l’objet d’une facturation en fin de mois.
Ajoutez à cela qu’Amazon ne paye pas ses impôts sur les sociétés en France et que nous devons envoyer nos facture en Angleterre…. et par la poste.
Pour terminer, j’ai vérifié le pourcentage de chiffre d’affaires que représentait l’ensemble des ventes de livres imprimés sur Amazon, et le montant est de 2%.
Vous comprendrez qu’avec un chiffre d’affaires aussi faible, et donc une visibilité et un impact commercial aussi minimes, il n’est pas envisageable de se plier aux contraintes organisationnelles que nous impose Amazon qui exige des délais de réponse très courts à ses commandes (impossible de fermer pour les congés), et des stocks non payés mais qui ne servent même pas à fournir les commandes clients dans des délais normaux.
Je préfère de loin soutenir les libraires français.

C’était donc cela ! Je me disais aussi…
Un grand hourra donc pour le patriotisme commercial ! C’est bien ! C’est la solution. Le repli identitaire. Surtout en ces temps de crise. Montebourg va être content dans sa marinière ! Eh bien, je n’hésite pas un instant et je renchéris à mon tour ! Achetez et lisez des auteurs français ! Laissez tomber Harlan Coben, Stephen King, George RR Martin et autres « estrangers » qui viennent manger le pain national. Achetez Français que diable ! L’économie a besoin de vous !
« Triades sur Seine » par exemple. Voilà un roman qu’il est bon. Bien français. Tapé par un Français de souche. Sur un ordinateur fran… enfin sur un ordinateur. Avec des mots français dedans (Parfois. Pas tous). Boycottons l’industrie étrangère ! Défendons notre culture unique ! Mangeons français, habillons-nous français, économisons français (message à nos chers hommes politiques), baisons français !
La mondialisation n’est pas une fatalité. Le métissage non plus ! Vive la consanguinité !

3 commentaires:

  1. Ha, merde, je vais devoir retourner au pays du coup ;-)

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  2. Vous avez eu le témoignage d'un petit éditeur sur Amazon.
    Voici celui de quelqu'un qui y a travaillé : http://www.franceinter.fr/depeche-lenvers-du-decor-damazon
    Cela donne tout de même à réfléchir non ?

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  3. Et bien,voilà qui est parlé!
    WV.

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