mardi 18 mars 2014

Je répare tout - Brins d'Eternité N° 37 - Hiver 2014

Je suis très fier de « Je répare tout. » (initialement baptisée « Comme des tourterelles ») que publie ce mois-ci Brins d’Eternité. Je crois que c’est, parmi toutes celles que j’ai écrites, une de mes histoires préférées.
L’idée de ce texte est partie d’une simple phrase, en fait du titre d’une nouvelle de Théodore Sturgeon. J’avais envie de m’éloigner du fantastique classique. Dans ma tête se bousculaient de grands espaces, des villes en ruine, des vampires, des morts-vivants, des robots, une fillette qui n’en est pas vraiment une, un petit garçon, une histoire d’amour impossible, des hordes affamées dans un Canada fantasmée, un ciel de plomb.
Un univers proche de Tim Burton comme l’a fort justement relevé par la suite le rédacteur en chef de Solaris

Autant vous dire que j’ai été très déçu quand ma nouvelle a été refusée par les deux revues que j’avais ciblées Fiction et Solaris :

Fiction :
"Comme des tourterelles", a passé un premier filtre pour être transmise au comité de lecture. Celui-ci a cependant décidé de ne pas la retenir. Outre son titre, elle a suscité des critiques quant à l'approfondissement des personnages, et à la répartition des rôles masculin/féminin, bien que le personnage principal soit une fille. 

Interrogation de l’auteur en retour :
Que voulez-vous dire par "répartition des rôles masculin/féminin" ?

Fiction :
La remarque, toute subjective, vient de quelqu'un au sein du comité de lecture, que le caractère féminin de l'héroïne n'a pas convaincu, lui ayant paru plaqué : le comportement d'un héros masculin aurait été, à ses yeux, pas très différent de celui de Sandy.

Dans ces moments-là on préfère se mordre la lèvre inférieure pour ne pas hurler. (ceux qui liront la nouvelle, comprendront)

Solaris :
"Comme des tourterelles", est la plus ambitieuse des trois nouvelles, la plus déjantée. Une sorte de fable qui a un côté Tim Burton. Si nous avions toute la place que nous voulions, je l'aurais peut-être acceptée. Mais nous recevons beaucoup de propositions: ce serait trop simple de séparer les textes que j'apprécie des textes qui m'ennuient. En réalité, le couperet doit s'abattre au sein des l'ensemble des textes qui auraient pu, en d'autres circonstances, être retenus. Ce n'est pas une science exacte et ça me donne l'air plus sévère que je ne voudrais l'être. Mais peut-être le suis-je, sévère? Alors vous êtes prévenu !

Une réponse alambiquée mais claire.

Alors à qui la proposer ensuite ?
A des fanzines français ? A des anthologies ? Non, pas cette nouvelle !

Finalement, je me suis tourné vers un fanzine québécois exigeant : Brins d'Eternité. Fanzine ? Oui mais un fanzine qui a maintes fois été honoré du Prix Boréal de la Meilleure activité fanique ou semi-professionnelle et qui rémunère ses auteurs. 
J’avais rencontré à mes débuts, son jeune rédacteur en chef Guillaume Voisine à Montréal (juste après la publication dans leurs pages de « L’échine du monde »). La revue a bien grandi depuis. S’est embellie. On n’est pas loin de la revue professionnelle. En bon rédacteur en chef Guillaume m’a demandé de retravailler un peu mon texte. C’était autrefois chose commune pour le responsable d’une revue de proposer des améliorations. Cela ne se fait plus guère (En France AOC Présence d’esprits effectue aussi ce travail et c’est tout à leur honneur) Sans doute les revues reçoivent-elles trop de textes et ne veulent-elles pas perdre de temps. Et puis, entre nous, pour faire un travail d’éditeur, il faut encore en avoir les compétences.
En tout cas, grâce à Brins d’Eternité « Je répare tout » a trouvé une terre d’accueil (la sienne puisque l’action se situe au Canada).

Peut-être un jour reviendra-t-elle de ce côté de l’océan et que vous pourrez la lire. (28/03/15 : c'est chose faite ! Voir ICI)

La chronique de Yozone

2 commentaires:

  1. La direction de Fiction n'a guère aimé que je cite leur motif de refus dans mon blog. Résultat : ils ne me publieront jamais (information recueillie ce jour au salon du livre de Paris auprès d'un des responsables de la revue)
    Je ne sais pas encore si je dois en rire ou en pleurer... de rage !

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  2. Je souhaitais pour cette nouvelle un retour en France. C'est fait puisqu'en avril 2015 Galaxies SF La grande revue française de SF, a accepté mon texte, pour son n° 34 ! Merci donc à la défunte revue Fiction de l'avoir refusé !

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