Samedi 13 octobre. Je me décide enfin à répondre à l’appel à
textes des éditions Sombres Rets sur le thème « Le monde de la
nuit ». Enfin, j’essaye. Je reprends un brouillon rédigé quelques jours
plus tôt dans le métro et aligne péniblement les phrases. Sans succès. L’esprit
n’y est pas. Quatre heures plus tard, je n’ai pas avancé d’un pouce. De rage,
je m’enfuis à Paris. Le temps désastreux est à l’image de mon inspiration.
Dimanche 14 octobre. Je me lève à 7 heures. Il faut que je
termine cette histoire. Que je la commence plus exactement. La deadline a été
repoussée au 1er novembre, j’ai encore le temps. Cette date en
évoque soudain une autre pour moi. Celle de la remise d’un texte aux éditions
Malpertuis. Je m’y suis engagé. Je fouille dans ma messagerie électronique.
Quand était-elle fixée déjà ? C’était en octobre, je crois, mais quand
précisément ? Là ! Voilà le message ! « La date limite pour
le retour des textes est fixée au 15 octobre 2012 » Argh ! Mais
c’est demain !
Le thème « Magie et/ou sorcellerie » est
suffisamment ample pour que je puisse espérer trouver un texte dans mes
tiroirs. De toute manière, il est trop tard pour que j’en rédige un nouveau. Je
passe en revue mon dossier « projets de nouvelles ». Y’a un de ces
bordels, là-dedans ! Ebauches, fragments, premiers jets et produits
semi-finis. Je fouille, soulève la poussière des mois, des années parfois. SF,
Terreur, Policier… Mais où diable est passé le Fantastique ? Et là, je
tombe sur un texte écrit en avril dernier. Presque propre. « L’appartement
du père », il s’appelle. Une nouvelle d’ambiance, sur la mort du père, sur
l’héritage spirituel qu’il nous lègue. Sur le souvenir. La mélancolie.
L’absence. On est loin de « Magie et sorcellerie. » C’est presque de
la littérature blanche. Pas de sang, pas de crocs démesurés, pas de pentacle,
pas de sorcier maléfique. Et pourtant…
Le thème ? L’écriture est magique. Les phrases sont des
sortilèges et l’écrivain est un sorcier. Je la relis, la corrige, la soumet à
mon fils qui me donne son imprimatur. 18h45, l’histoire rebaptisée « Au
nom du père » s’envole sur les ailes électroniques (et membraneuses)
d’Internet vers les éditions Malpertuis. Ouf ! Il s’en est fallu d’un
cheveu !
Est-ce qu’elle plaira aux deux compères Christophe Thill et
Thomas Bauduret ? Pas sûr. Les bougres savent ce qu’ils veulent. Je suis
cependant certain d’une chose : c’est que mon histoire ne fera doublon
avec aucune autre. Trop personnelle. Et puis, une anthologie a besoin de
respirations, de textes d’ambiance entre deux récits chocs, alors pourquoi pas?
Un rock n’est jamais meilleur qu’après un bon slow, n’est-ce
pas ?