Je suis très fier de « Je répare tout. »
(initialement baptisée « Comme des tourterelles ») que publie ce
mois-ci Brins d’Eternité. Je crois que c’est, parmi toutes celles que j’ai
écrites, une de mes histoires préférées.
L’idée de ce texte est partie d’une simple phrase, en fait
du titre d’une nouvelle de Théodore Sturgeon. J’avais envie de m’éloigner du
fantastique classique. Dans ma tête se bousculaient de grands espaces, des
villes en ruine, des vampires, des morts-vivants, des robots, une fillette qui
n’en est pas vraiment une, un petit garçon, une histoire d’amour impossible,
des hordes affamées dans un Canada fantasmée, un ciel de plomb.
Un univers proche de Tim Burton comme l’a fort justement
relevé par la suite le rédacteur en chef de Solaris
Autant vous dire que j’ai
été très déçu quand ma nouvelle a été refusée par les deux revues que j’avais
ciblées Fiction et Solaris :
Fiction :
"Comme des tourterelles", a passé un premier
filtre pour être transmise au comité de lecture. Celui-ci a cependant décidé de
ne pas la retenir. Outre son titre, elle a suscité des critiques quant à
l'approfondissement des personnages, et à la répartition des rôles
masculin/féminin, bien que le personnage principal soit une fille.
Interrogation de l’auteur en retour :
Que voulez-vous dire par "répartition des rôles
masculin/féminin" ?
Fiction :
La remarque, toute subjective, vient de quelqu'un au sein du
comité de lecture, que le caractère féminin de l'héroïne n'a pas convaincu, lui
ayant paru plaqué : le comportement d'un héros masculin aurait été, à ses yeux,
pas très différent de celui de Sandy.
Dans ces moments-là on préfère se mordre la lèvre inférieure
pour ne pas hurler. (ceux qui liront la nouvelle, comprendront)
Solaris :
"Comme des tourterelles", est la plus ambitieuse
des trois nouvelles, la plus déjantée. Une sorte de fable qui a un côté Tim
Burton. Si nous avions toute la place que nous voulions, je l'aurais peut-être
acceptée. Mais nous recevons beaucoup de propositions: ce serait trop simple de
séparer les textes que j'apprécie des textes qui m'ennuient. En réalité, le
couperet doit s'abattre au sein des l'ensemble des textes qui auraient pu, en
d'autres circonstances, être retenus. Ce n'est pas une science exacte et ça me
donne l'air plus sévère que je ne voudrais l'être. Mais peut-être le suis-je,
sévère? Alors vous êtes prévenu !
Une réponse alambiquée mais claire.
Alors à qui la proposer ensuite ?
A des fanzines français ? A des anthologies ? Non,
pas cette nouvelle !
Finalement, je me suis tourné vers un fanzine québécois
exigeant : Brins d'Eternité. Fanzine ? Oui mais un fanzine qui a maintes fois été honoré du
Prix Boréal de la Meilleure activité fanique ou semi-professionnelle et qui rémunère ses auteurs.
J’avais rencontré à mes débuts, son jeune rédacteur en chef
Guillaume Voisine à Montréal (juste après la publication dans leurs pages de
« L’échine du monde »). La revue a bien grandi depuis. S’est embellie. On
n’est pas loin de la revue professionnelle. En bon rédacteur en chef
Guillaume m’a demandé de retravailler un peu mon texte. C’était autrefois chose
commune pour le responsable d’une revue de proposer des améliorations. Cela ne
se fait plus guère (En France AOC Présence d’esprits effectue
aussi ce travail et c’est tout à leur honneur) Sans doute les revues
reçoivent-elles trop de textes et ne veulent-elles pas perdre de temps. Et puis, entre nous, pour
faire un travail d’éditeur, il faut encore en avoir les compétences.
En tout cas, grâce à Brins d’Eternité « Je répare
tout » a trouvé une terre d’accueil (la sienne puisque l’action se situe au Canada).
La direction de Fiction n'a guère aimé que je cite leur motif de refus dans mon blog. Résultat : ils ne me publieront jamais (information recueillie ce jour au salon du livre de Paris auprès d'un des responsables de la revue)
RépondreSupprimerJe ne sais pas encore si je dois en rire ou en pleurer... de rage !
Je souhaitais pour cette nouvelle un retour en France. C'est fait puisqu'en avril 2015 Galaxies SF La grande revue française de SF, a accepté mon texte, pour son n° 34 ! Merci donc à la défunte revue Fiction de l'avoir refusé !
RépondreSupprimer