On y prend goût. C’est bien agréable d’avoir une activité
littéraire fournie. Une nouvelle ici, un récit là. Format papier ou
électronique. En France ou au Canada. En revue ou en recueil. Un salon du livre
à Paris, un autre à Bagneux.
Oui, on y prend goût. Alors, quand ça s’arrête on est en
manque. Aux abois.
Heureusement, je n’avais pas cessé d’écrire. Ça occupe bien
l’esprit.
Là, je viens de terminer une longue nouvelle, presque un
court roman – 140000 signes et des poussières. Genre : fantastique
historique.
L’action se déroule en 1916 près de Verdun, pendant la
première guerre mondiale. Une évidence, une illumination, après un bref séjour
dans cette ville en février dernier. Il fallait que je l’écrive. L’idée s’est
imposée à moi lors de la visite du village martyr de Douaumont à la nuit
tombante. La terre là-bas, reste encore imprégnée de tellement de cicatrices.
L’atmosphère y est encore si lourde et oppressante.
Dès mon retour à Paris je me suis lancé. Le crayonné de
l’histoire a été réalisé en deux jours. 70000 signes. Il ne me restait plus
qu’à donner de la chair et de la substance à cette ossature. J’ai donc lu des
témoignages, des livres historiques achetés là-bas et ramenés dans mon sac à
dos. Internet fut ensuite une véritable mine de renseignements. Il fallait que
mon texte soit crédible, ancré dans la réalité des événements. Un travail de
mémoire. Une obligation morale aussi. J’espère y être parvenu.
Je vais le laisser reposer un peu maintenant. Dans quelques
semaines, j’en ferai une ultime relecture et ensuite je l’enverrai à quelques
éditeurs. Je ne sais pas encore lesquels. J’ai envie de cibler des éditeurs généralistes et, pourquoi pas, jeunesse pour commencer. Les éditeurs
de SFFF risquent en effet de le trouver trop long et trop classique.
C’est vrai
qu’elle manque de vampires, de monstres et de morts-vivants mon histoire.
Mais des horreurs et des morts il y en a déjà eu beaucoup
trop là-bas.
Et pas assez de survivants.
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