Presque 140 nouvelles - soit plus de 3 millions de signes -
reçues en 3 mois ! C’est beaucoup pour un seul homme qui doit séparer le
bon grain de l’ivraie. Et comment discerner ? Comment savoir ?
Parfois c’est évident, dans un sens comme dans un autre. Parfois, ça l’est
moins. Le couperet doit tomber et les doutes et hésitations voler en éclats. Il
faut trancher. Tailler. Une double lecture n’y change rien. Le choix est
subjectif. Forcément. Il fera un(e) heureux (se) ou un(e) malheureux (se) à
l’autre bout de la chaîne. C’est comme ça. Il faut l’accepter. Je comprends
mieux à présent la situation du sélectionneur moi qui, jusque-là, ai toujours
été du côté du joueur.
« Tous des cons, incapable d’apprécier le
talent ! » Combien de fois me suis-je tenu ce genre de
réflexions ?
Zut, j’ai franchi la ligne. Je suis devenu le
« connard » qui dit non. En plus, je le fais sans ménagement, sans
explication. Ce n’est pas de la mauvaise volonté, notez bien, c’est juste que je
n’ai pas le temps. Il m’y reprendra Benoît Domis à me jeter dans cette galère.
Si j’avais su à quoi je m’attendais… Même plus le temps d’écrire pour moi.
En plus, je dois dire « non » à des copains.
« Non », à des gens qui sont eux-mêmes éditeurs. Putain, c’est sûr
que lorsqu’ils me refuseront un texte la prochaine fois, je ne manquerai pas de
me demander si c’est parce que… Mais non, ce genre de choses n’existe pas. Les
éditeurs sont intègres. Seule la qualité des textes compte. C’est sûr, n’est-ce
pas ? Hein ?
On peut toujours rêver…
Les chiffres de ventes de ce premier « moisson
d’épouvante » ont intérêt à être bons, sinon je remballerais ma panoplie
d’anthologiste pour un job plus confortable, celui d’auteur. Qu’il aille au
diable le Benoît !
140 textes, vous dis-je. Des vampires, des zombies, des
psychopathes, des fins du monde en veux-tu en voilà. Et beaucoup de mal-être.
Récits à la première personne. « Je » et « Moi ».
« Je » est roi. Règlements de comptes. « Papa, maman, pourquoi
m’avez-vous fait ça ? » « Société, je te hais ! »,
« A quoi bon vivre dans ce monde pourri ? » « Ténèbres,
venez à mon secours ! »
L’appel du glauque. Relents de désespoirs. Des textes qui
sont rarement de la littérature (même de genre), plutôt des cris de douleur ou
de colère. Jets de biles. Venin littéraire. Et moi qui pensais me marrer avec
un AT dans la tradition des EC comics ! Que nenni ! Personne ne
connaît ! La bit-lit est au pouvoir ! Emos, gothiques et autres
sombres romantiques. Je suis malheureux, donc j’existe.
Fuck ! Ben non. Moi j’ai envie de rire pas de pleurer.
Parce que le rire est le dernier rempart avant la folie et la mort. Tant qu’à
s’ouvrir les veines autant le faire en riant.
Mais peut-être suis-je trop vieux. Mon adolescence est trop
lointaine. Cet appétit de mort me fait peur maintenant. Je suis devenu…
sensible. Bon sang, c’est affreux ! Docteur, est-ce que ça se
soigne ?
A l’heure où j’écris ces lignes j’ignore encore combien de
textes seront au sommaire de « Moisson d’épouvante » mais sachez,
amis lecteurs, qu’en pénétrant dans ce recueil vous n’abandonnerez pas toute
espérance !
en même temps, ça s'appelle moisson d'épouvante, pas éclats de rires !
RépondreSupprimerExcellente suggestion : le tome 2 s'appellera "Eclats d'épouvante"!
SupprimerSi le texte n'a pas de dimension comique ou ne se termine pas sur une bonne note ou espoir, il sera rejeté ?
RépondreSupprimerMeuh non ! Mais c'est vrai que j'aurais été heureux de trouver davantage de textes imprégnés d'humour noir.
SupprimerEn même temps, la plupart des nouvelles de Richard Matheson ne sont pas spécialement joyeuses quand on y réfléchit bien et en plus il use et abuse de l'ambiguïté que lui procure la focalisation interne. J'ai participé à votre AT, je connais les EC comics et j'en ai plusieurs intégrales à la moisson (et certaine histoire sont très glauques aussi...) La prochaine fois, dites tout simplement que vous voulez de la comédie et on se fera moins chier à essayer d'être "glauque" !!
RépondreSupprimerLes EC comics, les textes de Matheson, Sturgeon etc, étaient rarement "glauques". Barker est certes plus dérangeant. Ce qui importe c'est de surprendre, pas de se vautrer dans un spleen morbide. Par ailleurs, dans les consignes de l'AT je n'ai aucunement encouragé à être glauque. (Ni à faire de la comédie)
SupprimerVotre vision de la chose, La maison enragée/Richard Matheson pas glauque ? une énorme crise de paranoïa, un type qui se déchire littéralement de haine par l'intermédiaire de sa maison... Vous lisez mal ou vous interprétez, mon bon monsieur !
Supprimerbref, je ne vais pas tout lister, je n'en aurais jamais fini. Vous répondez par mauvaise foi et lapalissade et vous vous permettez d'être hautain ! Souffrez donc qu'on vous réponde, monsieur !
140 ? Ouh là... Avec un thème pareil, je me serais déjà collé une balle (pas de foot, quoi que, dans le genre mort horrible...)
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