vendredi 17 octobre 2014

Moisson d’épouvante : l’anthologie Pulp !

Comment une idée lancée à la table d’un bistrot parisien en février 2014 peut-elle accoucher d’un recueil de vingt nouvelles inédites neuf mois plus tard ? J’en reste moi-même encore étonné en regardant la superbe couverture de ce premier « Moisson d’épouvante ».
J’ai déjà raconté comment s’était effectuée la sélection des textes (ici) , mais permettez-moi de revenir sur cette expérience qui fut pour moi non seulement nouvelle, mais aussi instructive et parfois édifiante. Source d’agréables découvertes, mais aussi d’angoisse et d’effroi (certains textes m’ont fait vraiment peur !).
Je voulais une anthologie athématique. Je n’aime guère, vous le savez, les recueils à thèmes. En tant qu’écrivain, mais aussi et surtout en tant que lecteur. Les variations autour d’un motif central, surtout lorsque celui-ci est un peu trop restrictif, m’ennuient prodigieusement. J’aime passer d’un univers à l’autre. Etre surpris, séduit, déstabilisé. C’est là tout le sel d’une lecture divertissante et stimulante. Et pour rester dans métaphores gustatives : pourquoi se contenter d’un seul parfum quand on peut en goûter plusieurs ?
Je voulais donc une anthologie ouverte à toutes les inspirations, à toutes les envies et ainsi offrir la plus grande liberté d’expression possible aux auteurs. Pas si simple ! J’ai appris plus tard que mes consignes, exclusions et autres références littéraires étaient fort contraignantes et constituaient une bride sévère pour les auteurs.
J’ai donc dû faire quelques concessions, quelques entorses au contrat de départ (mais qui n’en fait pas ?) J’ai accepté ici deux nouvelles d’un même auteur (deux coups de cœur !). Là, j’ai toléré un dépassement du nombre de signes requis. Ailleurs, j’ai laissé un vampire se glisser dans les pages de l’antho. Et même quelques zombies. Enfin, ce genre de broutilles.
Au final, j’ai toutefois l’impression que le résultat est conforme à mes attentes initiales et répond assez bien au cahier des charges.
« D’accord, me direz-vous, mais en quoi Moisson d’épouvante est-elle différente des autres anthologies de SFFF ? »
D’abord, comme je l’ai indiqué, elle est athématique et c’est finalement plutôt rare sur le marché français des anthologies papier. Je ne vois guère que l’excellente anthologie annuelle Malpertuis qui répond à ce critère (et bien sûr l’incontournable et non moins excellent Ténèbres chez Dreampress.com)
Elle est aussi différente car elle ne se cantonne pas au seul fantastique. L’insolite, l’humour noir, le suspense y ont également leur place.
Enfin, elle revendique haut et fort son esprit Pulp : divertir et surprendre. D’où un grand nombre d’histoires à chute.
Alors oui, je crois qu’elle est différente.
Est-ce que cela en fait pour autant une bonne anthologie ? Je l’espère.
Trouvera-t-elle sa place sur le marché hautement concurrentiel de la SFFF ? Ce sera aux lecteurs d’en décider !

3 commentaires:

  1. Un peu déçu que "Les femelles porteuses d'idoles" ne soit finalement pas au sommaire, mais ça à l'air d'être un bonne anthologie. J'espère avoir l'occasion de re-concourir (Moisson d’épouvante II...).

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  2. J'aime bien la manière dont vous en parlez...
    Je mets cet article en lien sur mon blog. :-)

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