Comment une idée lancée à la table d’un bistrot parisien en
février 2014 peut-elle accoucher d’un recueil de vingt nouvelles inédites neuf
mois plus tard ? J’en reste moi-même encore étonné en regardant la superbe
couverture de ce premier « Moisson d’épouvante ».
J’ai déjà raconté comment s’était effectuée la sélection des
textes (ici) , mais permettez-moi de revenir sur cette expérience qui fut pour
moi non seulement nouvelle, mais aussi instructive et parfois édifiante. Source
d’agréables découvertes, mais aussi d’angoisse et d’effroi (certains textes
m’ont fait vraiment peur !).
Je voulais une anthologie athématique. Je n’aime guère, vous
le savez, les recueils à thèmes. En tant qu’écrivain, mais aussi et surtout en
tant que lecteur. Les variations autour d’un motif central, surtout lorsque
celui-ci est un peu trop restrictif, m’ennuient prodigieusement. J’aime passer
d’un univers à l’autre. Etre surpris, séduit, déstabilisé. C’est là tout le sel
d’une lecture divertissante et stimulante. Et pour rester dans métaphores
gustatives : pourquoi se contenter d’un seul parfum quand on peut en
goûter plusieurs ?
Je voulais donc une anthologie ouverte à toutes les
inspirations, à toutes les envies et ainsi offrir la plus grande liberté
d’expression possible aux auteurs. Pas si simple ! J’ai appris plus tard
que mes consignes, exclusions et autres références littéraires étaient fort
contraignantes et constituaient une bride sévère pour les auteurs.
J’ai donc dû faire quelques concessions, quelques entorses
au contrat de départ (mais qui n’en fait pas ?) J’ai accepté ici deux
nouvelles d’un même auteur (deux coups de cœur !). Là, j’ai toléré un
dépassement du nombre de signes requis. Ailleurs, j’ai laissé un vampire se
glisser dans les pages de l’antho. Et même quelques zombies. Enfin, ce genre de
broutilles.
Au final, j’ai toutefois l’impression que le résultat est
conforme à mes attentes initiales et répond assez bien au cahier des charges.
« D’accord, me direz-vous, mais en quoi Moisson
d’épouvante est-elle différente des autres anthologies de SFFF ? »
D’abord, comme je l’ai indiqué, elle est athématique et
c’est finalement plutôt rare sur le marché français des anthologies papier. Je
ne vois guère que l’excellente anthologie annuelle Malpertuis qui répond à ce
critère (et bien sûr l’incontournable et non moins excellent Ténèbres chez
Dreampress.com)
Elle est aussi différente car elle ne se cantonne pas au
seul fantastique. L’insolite, l’humour noir, le suspense y ont également leur
place.
Enfin, elle revendique haut et fort son esprit Pulp :
divertir et surprendre. D’où un grand nombre d’histoires à chute.
Alors oui, je crois qu’elle est différente.
Est-ce que cela en fait pour autant une bonne
anthologie ? Je l’espère.
Trouvera-t-elle sa place sur le marché hautement
concurrentiel de la SFFF ? Ce sera aux lecteurs d’en décider !
Un peu déçu que "Les femelles porteuses d'idoles" ne soit finalement pas au sommaire, mais ça à l'air d'être un bonne anthologie. J'espère avoir l'occasion de re-concourir (Moisson d’épouvante II...).
RépondreSupprimerJ'espère aussi car tu as une vraie plume !
SupprimerJ'aime bien la manière dont vous en parlez...
RépondreSupprimerJe mets cet article en lien sur mon blog. :-)