Episode 4 : Taper ses amis (les vrais pas ceux de FB)
C’est important d’avoir des amis. Beaucoup d’amis. Mais sauf
à être à la tête d’un parti politique ou gourou d’une secte (ce qui revient
plus ou moins au même) votre livre ne deviendra jamais un best seller grâce à
eux. De plus, vos potes risquent d’en avoir rapidement assez que vous leur
fourguiez à intervalle plus ou moins régulier vos bouquins dont les couvertures sont d'un goût si douteux qu’on n’ose pas les mettre dans la bibliothèque du salon et
qu’on préfère les dissimuler tout en bas d'une étagère de rangement entre le dictionnaire de latin de 5ème
et les revues techniques pour booster son ordi, sa sexualité ou sa Fiat Panda.
Un indice qui doit vous alerter : ils ne vous lisent plus depuis longtemps
et quand vous leur présentez votre petit dernier, ils vous répondent sans gêne
aucune : « Faudra quand même que je lise celui d’avant ! »
(sorti deux ans plus tôt !)
Il apparaît dès lors inutile de continuer à les solliciter
même à prix d’amis (traduction : prix auquel l’éditeur vous les a refilés
majoré d’un euro ou deux pour frais administratifs). C’est mort, je vous dis.
Vos livres, ils ne les lisent pas. Quand c’était du polar à la rigueur, ils voulaient
bien faire un effort, mais des histoires de vampires, de fantômes et de
zombies, vous n’y songez pas ! « Il ne manquerait plus qu’il se mette à
écrire des trucs érotiques, à présent ! » redoutent-ils.
Si vous insistez trop, genre bonimenteur d’assurance vie,
ils finiront par vous fuir et répandront la nouvelle que vous feriez mieux de
vous occuper de votre gosse qui fume du shit à douze ans et de votre femme qui…
Enfin, vous m’avez compris ! Soyez digne, ne leur parlez plus de votre
passion mais des leurs, les vrais : le foot, la énième saison de L’amour
est dans le pré et la 4ème dent du petit dernier !
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